samedi 16 mars 2019

Abus d'alcool

Abus d'alcool


Spécialité : pediatrie / psychiatrie / toxicologie /

Points importants

  • Aigue ou chronique
  • Substance psychoactive la plus consommée en France
  • 40 000 décès par an
  • 1ère cause de mortalité évitable chez les jeunes
  • Véritable problème de santé publique en particulier chez les sujets jeunes
  • Concept de « binge drinking » (absorption d'une grande quantité d'alcool dans un laps de temps très court)
  • Complications graves

Présentation clinique / CIMU

SIGNES FONCTIONNELS

Généraux
  • Importance de l'interrogatoire
  • Ivresse : 3 phases en fonction de la quantité ingérée :
    • excitation psychomotrice :
      • état d'agitation aiguë
      • désinhibition
      • euphorie
      • logorrhée
      • tristesse
      • irritabilité
      • altérations du temps de réaction, du jugement et de la mémoire
    • incoordination :
      • confusion mentale
      • syndrome cérébelleux
    • comateuse :
      • coma profond
      • mydriase aréactive
      • hypothermie
      • HoTA
Spécifiques
  • Différentes formes pathologiques :
    • ivresse maniaque : euphorie, idées de grandeur, discours familier
    • ivresse dépressive : syndrome dépressif pouvant conduire au suicide
    • ivresse hallucinatoire : hallucinations visuelles et auditives
    • ivresse délirante : jalousie, persécution, auto-accusation
    • ivresse comateuse :
      • incontinence urinaire
      • état léthargique
      • hyporéflexie tendineuse
      • hypoesthésie
  • Binge Drinking (« alcool défonce ») :
    • intoxication aiguë massive qui se définit par la prise, lors d'une même occasion, d'au moins 5 verres d'alcool chez l'homme adulte et d'au moins 4 chez la femme
    •  c'est une conduite addictive à haut risque, notamment sur le plan traumatologique (accident de la voie publique, rixe,...) et sur le plan social (désinhibition avec majoration de l'agressivité et des comportements violents)

CONTEXTE

Terrain
  • Généralement, début des consommations vers 13-15 ans
  • Premières ivresses vers 15-17 ans
  • Premières conséquences négatives vers 16-22 ans
  • Installation de la dépendance vers 25-40 ans
  • Décès en moyenne à 60 ans
Traitement usuel
  • Anti psychotiques, anxiolytiques, antidépresseurs...
Antécédents
  • Accidents du travail
  • Accidents de la voie publique sous l'emprise de l'alcool
  • Sanctions et renvois professionnels
  • Multiples disputes familiales autour de l'alcool, rixes
  • Ivresses multiples et répétition des passages aux urgences
Facteurs de risque
  • Troubles dépressifs, névroses
  • Personnalités pathologiques
  • ATCD familiaux d'alcoolisme
Circonstances de survenue
  • Festif en groupe
  • Solitaire lors d'un accès dépressif

EXAMEN CLINIQUE

  • Recherche les signes de gravité
Signes cardiovasculaires
  • Tachycardie ou bradycardie, arythmie
  • HoTA
Détresse respiratoire aiguë
  • Inhalation à l'occasion d'un vomissement
  • Bradypnée
Signes neurologiques
  • Glasgow < 8
  • Crise convulsive
  • Coma profond avec mydriase
  • AVC ischémique
  • Signes de localisation en particulier en cas de TC
Lésions traumatiques
  • Fractures
  • Entorses
  • Luxations
Complications psychiatriques
  • Agitation aiguë
  • Agressivité avec manifestations excitomotrices
  • Délires, hallucinations
Complications digestives
  • Gastrite
  • Syndrome de Mallory Weiss
  • Hépatite alcoolique aiguë
  • Pancréatite aiguë
Signes d'intoxications associées
  • Médicamenteuse (cardiotropes, substance psychoactive...)
  • Autre toxicomanie

EXAMENS PARACLINIQUES SIMPLES

  • Hypo ou hyperthermie
  • SpO2 variable selon degré d'intoxication
  • ECG : recherche de trouble du rythme supraventriculaire ou ACFA
  • Hémoglobine capillaire si doute sur complication digestive hémorragique ou post-traumatique
  • Glycémie capillaire : hypoglycémie
  • BU à la recherche d'une cétonurie

CIMU

  • Fonction des paramètres vitaux
  • En général : tri 4 ou 5

Signes paracliniques

BIOLOGIQUE

En fonction des situations cliniques
  • Alcoolémie (doute ou patient mineur)
  • Ionogramme sanguin, CPK (acidocétose, rhabdomyolyse, dysnatrémie, dyskaliémie)
  • Bilan hépatique (cytolyse, cholestase)
  • Lipasémie (pancréatite aiguë)

IMAGERIE

Radiographie thoracique de face si suspicion d'inhalation
TDM cérébrale si TC

Diagnostic étiologique

  • Festif
  • Accès Dépressif
  • Trouble de la personnalité

Diagnostic différentiel

  • Hypoglycémie
  • Hématome sous-dural, AVC, hémorragie méningée
  • Méningo-encéphalite, épilepsie
  • Intoxications au monoxyde de carbone, solvants, psychotropes, cannabis, cocaïne, hallucinogènes
  • Pathologie psychiatrique (accès maniaque, bouffée délirante aiguë...)
  • Délirium Tremens

Traitement

TRAITEMENT PREHOSPITALIER / INTRAHOSPITALIER

Stabilisation initiale
  • Hydratation orale ou IV par du NaCl 0,9% :
    • 1000 mL sur 6h avec éventuellement l'adjonction de vitB1 (Thiamine) (1 amp/L de NaCl)
  • Resucrage oral ou IV en cas d'hypoglycémie :
    • 1 à 2 amp de G30%, voire G10%, 500 mL si hypoglycémie persistante ou récidivante
  • Réchauffement en cas d'hypothermie (couverture de survie ou chauffante)
  • Oxygénothérapie nasale, au masque voire intubation avec assistance ventilatoire en cas d'insuffisance respiratoire aiguë
  • Traitement des conséquences traumatiques
  • Sédation chimique voire mécanique si agitation aiguë

MEDICAMENTS

Benzodiazépines IV en première intention
  • Diazépam (10 à 20 mg IV)
  • Ou clorazépate (50 mg IV ou IM)
Les neuroleptiques
  • Halopéridol (1 à 2 amp de 5 mg IV ou IM) si agitation majeure

Surveillance

CLINIQUE

  • Etat de conscience (score de Glasgow) / 2h
  • PA, FC, SpO2, FR / 2h
  • Glycémie capillaire, T°

PARACLINIQUE

  • Fonction du bilan initial

Devenir / orientation

CRITERES D'ADMISSION

Réanimation
  • Tout signe de détresse vitale impose l'avis/hospitalisation en réanimation
Service d'hospitalisation
  • Fonction des complications éventuelles de l'état d'ivresse aiguë :
    • traumatique (fracturaire périphérique, TC)
    • métabolique (hépatite alcoolique aiguë, pancréatite aiguë...)
    • syndrome de sevrage à l'issue de l'abus

CRITERES DE SORTIE

  • Absence de complications
  • La sortie du patient sera envisagée après rétablissement des fonctions relationnelles et disparition des signes d'alcoolisation aiguë
  • La sortie contre avis médical n'est pas possible. L'hospitalisation sous contrainte ne semble toutefois pas licite d'emblée et l'isolement du patient se fera jusqu'à l'amélioration des troubles
  • Si le patient apparaît dangereux pour lui-même ou son entourage, l'obtention d'un consentement n'est pas valide et sera assimilé à une fugue, si le maintien à l'hôpital ne peut être obtenu.

ORDONNANCE DE SORTIE

  • Pas d'ordonnance type recommandée : elle sera fonction des complications éventuelles

RECOMMANDATIONS DE SORTIE

  • Limites d'une consommation modérée d'alcool
  • Notion "un verre d'alcool" avec encouragement à rester en-dessous de cette limite et enfin la remise au patient d'un fascicule ou d'un livret d'aide
  • L'entretien médical comprendra l'utilisation du questionnaire DETA qui permet de détecter le mésusage d'alcool et du questionnaire AUDIT qui permet de détecter l'alcoolo-dépendance afin d'orienter le patient vers une consultation spécialisée (une réponse positive suffit) :
    • 1. Avez-vous déjà ressenti le besoin de diminuer votre consommation de boissons alcoolisées ?
    • 2. Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre consommation ?
    • 3. Avez-vous déjà eu l'impression que vous buviez trop ?
    • 4. Avez-vous déjà eu besoin d'Alcool dès le matin pour vous sentir en forme ?

Mécanisme / description

  • Absorption gastro-duodénale
  • Concentration maximale atteinte à jeun à 30 min
  • L'ingestion de nourriture ralentit la vidange gastrique et abaisse le pic plasmatique
  • Décroissance 0,1 à 0,2 g/L/h
  • 1 demi de bière (25 cL) = 1 verre de pastis (5 cL) = 1 coupe de champagne (0,15 g) = 0,15 g
  • 1 verre de vin = 0,25g
  • Métabolisme hépatique (90%)

Bibliographie

  • Marc A. Schukit, Alcohol-Related disorders in Kaplan and Sadock's Comprehensive Textbook of Psychiatry, 7th edition, vol 1, pp 963-71, Lippincott Williams and Wilkins, New York 1999.
  • Choquet M. Consommation d'alcool parmi les jeunes en France et en Europe. Alcool et Santé en France, Etat des Lieux. Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire 2006; 34:261-3.
  • Legleye S, Spilka S, Le Nézet O, Hassler C, Choquet M. Alcool, Tabac et Cannabis à 16 ans. OFDT (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies) Tendances 2009; 64:6 pp.
  • Nordmann R. Evolution des conduites d'alcoolisation des jeunes : motifs d'inquiétude et propositions d'action. Bull. Acad. Natle Méd. 2007; 191:1175-1184.
  • W Miller J, Naimi TS, Brewer RD, Jones SE. Binge Drinking and associated health risk behaviors among High School Students. Pediatrics 2007; 119:76-85.
  • Sureau C, Charpentier S, Philippe JM et al. Actualisation 2006 de la seconde conférence de consensus 1992 « l'ivresse éthylique aiguë dans les services d'accueil des urgences ». Société Française de Médecine d'Urgence - Commission de veille scientifique 2006.
Auteur(s) : Dielcie banzay etudiant innovateur.
Infirmiers © 2017 - 2018 © tous droits reserves Samir isp

Angine

Angines


Spécialité : infectieux / orl / pédiatrie /

Points importants

  • Définition = infection des amygdales palatines voire du pharynx
  • Etiologie infectieuse = origines virale majoritaire dans 50 à 90% des cas ou bactérienne (streptocoque ß hémolytique du groupe A = SGA)
  • Rare chez adulte
  • Test discriminant les angines à SGA = le TDR ou test de diagnostic rapide
  • Morbi-mortalité corrélée à l'apparition de complications post-streptococciques des angines à SGA : RAA, GNA et complications septiques locales ou générales
  • Seules les angines à SGA justifient un traitement antibiotique par amoxicilline (en dehors des très exceptionnelles infections à Corynebacterium diphteria, Neisseria gonorrhoeae et à germes anaérobies)

Présentation clinique / CIMU

SIGNES FONCTIONNELS

Spécifiques
  • Fièvre
  • Odynophagie - dysphagie
Non spécifiques
  • Vomissements
  • Céphalées
  • Altération de l'état général
Signes d'étiologies
  • Angine à SGA :
    • tableau aigu
    • fièvre élevée
  • Angine virale :
    • tableau progressif
    • fièvre peu élevée
    • cortège infectieux ORL viral (rhinorrhée, toux, enrouement)

CONTEXTE

Terrain
  • Enfant > 3 ans avec pic d'incidence entre 5-15 ans, rare chez adulte (à tout âge)
  • Immunodéprimé
Antécédents
  • ORL :
    • angines récidivantes
    • angine à SGA
    • sinusite / amygdalite chronique
  • Généraux : RAA
  • Allergique : pénicilline
Traitement
  • Prise récente d'antibiotiques (dose / durée)
Circonstances de survenue
  • Epidémie (hiver et début du printemps)
  • Voyage en zone d'endémie (Afrique, DOM-TOM)
  • Statut vaccinal en particulier diphtérie / DTPolio
  • Contage
Facteurs déclenchants
  • Contage
  • Contact orogénital
  • Infection virale ORL
Facteurs risque de RAA
  • Antécédent personnel de RAA
  • Et âge 5-25 ans
  • Et séjours en régions d'endémie de RAA
  • Ou facteurs environnementaux (conditions sociales, sanitaires et économiques, promiscuité, collectivités fermées)
  • Ou ATCD multiples d'angines à SGA

EXAMEN CLINIQUE

Examen général
  • Etat général - hydratation
  • Hyper - hypothermie
  • Etat hémodynamique et signes de choc périphériques
  • Évaluation fonctions respiratoires hautes
  • Clinique en rapport avec terrain immunodéprimé
Signes spécifiques - examen buccal
  • Angine érythémateuse (la plus fréquente) ou « angine rouge » :
    • pharynx et amygdales érythémateux avec hypertrophie amygdalienne
  • Angine érythémato-pultacée ou « angine blanche » :
    • oropharynx érythémateux avec exsudat pultacé (enduit gris jaunâtre, punctiforme ou en traînées, mince et friable, facilement dissocié, ne débordant pas la surface amygdalienne)
  • Angine vésiculeuse :
    • exsulcération revêtement épithélial, succédant à une éruption vésiculeuse fugace au niveau des amygdales et piliers
  • Angine ulcéreuse :
    • ulcération unilatérale, profonde, recouverte d'un enduit nécrotique
  • Angine pseudo-membraneuse (ou à fausses membranes) :
    • fausse membrane nacrée, pouvant déborder la région amygdalienne sur la luette, le voile et ses piliers
Signes d'étiologies - examen buccal
  • Aspect de l'oropharynx n'est pas prédictif de l'angine à SGA
  • Angine « rouge » :
    • virale
    • angine à SGA : signe pathognomonique = purpura voile
    • 1er signe d'une scarlatine (angine érythémateuse + énanthème avec langue « framboisée »)
    • maladie infectieuse d'origine microbienne
  • Angine « blanche » ou érythémato-pultacée :
    • virale
    • angine à SGA
    • streptocoque hémolytique non A
    • staphylocoque
    • pneumocoque
    • Pasteurella tularensis (tularémie)
    • Toxoplasma gondii (toxoplasmose)
  • Angine pseudomembraneuse :
    • mononucléose Infectieuse (primo-infection à virus Epstein-Barr) : angine érythémato-pultacée + purpura du voile du palais + fausses membranes grisâtres d'aspect nécrotique
    • diphtérie (Corynebacterium diphtheriae ou Corynebacterium ulcerans) : fausses membranes blanchâtres, épaisses, adhérentes et hémorragiques + paralysie vélopalatine
    • autres, rares : staphylocoques, streptocoques, pneumocoques ou autres syndromes mononucléosiques (CMV, HIV)
  • Angine ulcéreuse et nécrotique :
    • angine de Vincent : mauvais état bucco-dentaire, dysphagie unilatérale, haleine fétide
    • chancre syphilitique : ulcération superficielle indolore siégeant le plus souvent à gauche + induration
  • Angine vésiculeuse :
    • angine herpétique - virus herpès simplex : vésicules unilatérales)
    • herpangine (virus coxsackie groupe A) : vésicules bilatérales sur le voile du palais + luette + pilier loge amygdalienne ± gingivo-stomatite herpétiforme)
  • Autres types = angines gangréneuses, nécrotiques :
    • germes anaérobies sur terrain débilité (diabète, insuffisance rénale, hémopathies)
Signes régionaux
  • Adénopathies cervicales :
    • consistante unique (angine à SGA)
    • polyadénopathies cervicales diffuses (MNI ou HIV)
    • adénopathie principale avec adénopathies satellites indolores (chancre syphilitique)
Signes généraux
  • Cortège viral ORL :
    • toux + coryza
    • enrouement
    • diarrhée
    • conjonctivite (angine virale)
  • Zona du V ou du IX (angine VZV)
  • Dyspnée laryngée (diphtérie)
  • Hépatosplénomégalie (MNI)
  • Asthénie +++ (MNI, diphtérie)
  • Rash cutané de type urticaire ou roséole ou maculo-papuleux (primo-infection VIH)
  • Rash scarlatiniforme (angine à SGA)
  • Rash maculopapulaire après prise de pénicilline (MNI)
Recherche de complications locorégionales
  • Trismus réflexe + adénopathies cervicales + haleine fétide + voix sourde et nasonnée associée à une asymétrie de l'oropharynx + bombement du voile du palais + oedème de la luette (phlegmon amygdalien)
  • Inflammation de la région faciale (cellulite cervico-faciale)
  • Dysphagie, dyspnée inspiratoire fébrile (abcès rétropharyngé)
  • Douleur à la palpation du sinus maxillaire - écoulement pharyngé postérieur (sinusite maxillaire)
  • Otalgie (OMA)
  • Placard inflammatoire rétro-auriculaire (mastoïdite)

EXAMENS PARACLINIQUES SIMPLES

  • En cas de disponibilité, test de diagnostic rapide :
    • test discriminant entre angines à SGA et autres angines, recommandé chez tout patient ayant une angine érythémateuse ou érythémato-pultacée
    • réalisable en box (prélèvement de gorge), résultat rapide (5 minutes)
    • sensibilité 95% - spécificité 95%
    • réalisation si score de Mac Isaac > ou = 2 

CIMU

Situations cliniques
  • Situation A = angine non compliquée sans signes généraux
  • Situation B = angine non compliquée avec signes généraux
  • Situation C = angine compliquée (présence d'une complication locorégionale) nécessitant recours ORL en urgence

CIMU

  • Situation A = tri 5
  • Situation B = tri 4
  • Situation C = tri 3
     

Signes paracliniques

  • Situation A = angine non compliquée sans signes généraux
  • Situation B = angine non compliquée avec signes généraux
  • Situation C = angine compliquée (présence d'une complication locorégionale) nécessitant recours ORL en urgence

BIOLOGIE

Situation A
  • Prélèvement pharyngé en cas de test de diagnostic rapide négatif et facteur de risque de RAA (cf. chapitre facteurs déclenchants) et en cas d'allergie aux béta-lactamines
  • En fonction des tableaux cliniques :
    • Cas de zona de l'adulte jeune : recherche MST avec sérologie VIH
    • En cas de chancre syphilitique : TPHA-VDRL et sérologie VIH + prélèvement pharyngé avec mise en évidence du tréponème (rare) + dépistage partenaire(s)
Situation B
  • A discuter selon situation clinique :
    • présence de signes de déshydratation :
      • ionogramme sanguin - urée - créatinine (troubles natrémie - fonction rénale)
    • si fièvre :
      • bilan infectieux standard
      • NFS (hyperleucocytose à PNN)
      • CRP
      • hémocultures
  • En fonction des tableaux cliniques :
    • MNI :
      • NFS : syndrome mononucléosique avec hyperlymphocytose avec des lymphocytes de grande taille hyperbasophiles
      • MNI-test
      • à discuter, bilan hépatique complet (cytolyse hépatique)
    • en cas de diphtérie :
      • prélèvement pharyngé envoyé immédiatement au laboratoire à la recherche du bacille de Loeffler puis mise en culture
Situation C
  • Phlegmon amygdalien :
    • bilan infectieux : NFS - CRP
    • ± ponction - aspiration (pour bactériologie) par aiguille fine par ORL sous ALR
    • bilan préopératoire : TP/TCA - ionogramme sanguin - urée - créatinine - groupe sanguin 1ère détermination - RAI
  • Cellulite faciale
  • Abcès rétropharyngé
  • Mastoïdite
  • En cas sinusite maxillaire, OMA : pas de biologie

IMAGERIE

Situation A : pas d'imagerie
Situation B : pas d'imagerie
Situation C :
  • En cas de suspicion abcès rétro-pharyngé ou cellulite de la face : TDM cervico-thoracique avec injection
  • En cas de suspicion de sinusite maxillaire : radiographie des sinus de face et de profil ± TDM facial à distance
  • En cas de suspicion mastoïdite : TDM du rocher

Diagnostic étiologique

Virus (50 à 90% des cas)
  • Adénovirus (5%)
  • Rhinovirus
  • Virus parainfluenzae
  • Herpes simplex (5%)
  • Epstein- Barr virus
  • CMV
  • VIH
Bactéries
  • Streptocoque béta-hémolytique groupe A (15% angines)
  • Streptocoque Groupe C, G et F (10%)
  • Arcanobacterium (Corynebacterium) hemolyticus (5%) : scarlatine-like
  • Mycoplasma pneumoniae
  • Chlamydia pneumoniae
  • Neisseria gonorrhoeae
  • Haemophilus Influenzae
  • Diphteria Corynebacterium
  • Autres = Francisella tularensis, Yersinia, Corynebacterium ulcerans
     

Diagnostic différentiel

  • Cancer de l'amygdale : ulcération amygdalienne persistante
  • Angine de Duguet (dans tableau fièvre typhoïde) : ulcérations superficielles longitudinales et indolores des piliers antérieurs du voile du palais
  • Allergie
  • RGO
  • Épiglottite
  • Brûlure par toxiques chimiques
  • Aphtose (maladie de Behçet)
  • Zona pharyngien (atteinte du nerf glosso-pharyngien)
  • Manifestations buccopharyngées d'une hémopathie, conséquence d'une neutropénie
     

Traitement

  • Situation A = angine non compliquée sans signes généraux
  • Situation B = angine non compliquée avec signes généraux
  • Situation C = angine compliquée (présence d'une complication locorégionale) nécessitant recours ORL en urgence
Situation A et test de diagnostic rapide négatif = angine virale
  • Réhydratation per os
  • Antalgiques de pallier I ou II per os
  • En cas de dysphagie intense, application locale pharyngée, en dehors des repas, de gel de xylocaïne
  • En cas de chancre syphilitique :
    • benzathine-pénicilline G 2,4 millions unités IM en injection unique
    • en cas d'allergie pénicilline : doxycycline 100mg x 2 / jour pendant 15 jours
    • en cas de patient VIH + : benzathine-pénicilline G 2,4 millions unités x 1 / sem pendant 3 semaines
Situation A et test de diagnostic rapide positif = angine à SGA
  • Réhydratation per os
  • Antalgiques de pallier I ou II per os
  • En cas de dysphagie intense, application locale pharyngée, en dehors des repas, de gel de xylocaïne
  • Traitement spécifique = à instaurer dans les 9 jours suivants l'apparition des signes :
    • amoxicilline adulte 1 gx 2/ j pendant 6 jours
    • en cas d'allergie aux pénicillines sans allergie aux céphalosporines :
      • céfuroxime-axétil 250 mg x 2/ j pendant 4 jours
      • proxétil 100 mg x 2/ j pendant 5 jours
      • céfotiam-hexétil 200 mg x 2/ j pendant 5 jours
    • en cas d'allergie aux blactamines : macrolides ou kétolides après réalisation d'un prélèvement pharyngé en raison du taux de résistances élevé des SGA (16-31%)
      • azithromycine 500 mgx1/j pendant 3 jours
      • josamycine 1 gx2/j pendant 5 jours
      • télithromycine 800 mgx1/j pendant 5j
      • ou pristinamycine 1gx2/jour pendant ³ 8 jours
Situation B (angine non compliquée avec signes généraux)
  • Mesures symptomatiques :
    • réhydratation IV
    • antipyrétiques IV
    • antalgiques pallier II, rarement pallier III
    • en cas de dysphagie intense, application locale pharyngée, en dehors des repas, de gel de xylocaïne
    • à jeun, puis reprise progressive de l'alimentation liquide puis solide
  • Traitement spécifique :
    • même schéma d'antibiothérapie que la situation A - en dehors du tableau ORL angine virale
    • en cas de diphtérie :
      • sérothérapie antidiphtérique
      • antibiothérapie par pénicilline G 50 000 à 100 000UI/kg/j toutes les 6 à 8 heures pendant 14 jours (si allergie, érythromycine 1g en IV en 60 min 2 fois/j
      • isolement respiratoire sans attendre les résultats bactériologiques
      • IOT en cas de détresse respiratoire
    • en cas d'angine de Vincent :
      • pénicilline amoxicilline 1g en IV en 30 à 60 min
      • ± métronidazole 1g en IV en 30 à 60 min par 500mg
Situation C (angine compliquée)
  • Nécessite le recours ORL en urgence
  • Phlegmon amygdalien :
    • antibiothérapie
      • amoxicilline - acide clavulanique 1g IV en 30 min
      • ou C3G céftriaxone 1 à 2 g en IV en 5 à 15 min
      • + métronidazole 1g en IV en 30 à 60 min par 500mg
    • chirurgie ORL pour simple ponction - aspiration ou incision - drainage si abcès collecté (incision verticale du pilier antérieur, suivie d'un débridement à la pince)
  • Cellulite cervico-faciale
  • Abcès rétro-pharyngé
  • Mastoïdite
  • Exceptés = Sinusite, OMA
     

Surveillance

Situation A (angine non compliquée sans signes généraux)
  • Clinique : tolérance clinique
  • Paraclinique : pas de surveillance
Situation B (angine non compliquée avec signes généraux)
  • Clinique :
    • tolérance clinique
    • en cas de diphtérie, surveillance paramètres respiratoire (SpO2 - FR) + dyspnée + signes de lutte respiratoire
  • Paraclinique : pas de surveillance
Situation C (angine compliquée)
Phlegmon amygdalien, cellulite face, abcès rétro-pharyngé, sinusite, OMA, mastoïdite
  • Clinique :
    • douleur/h
    • T°/4h
       

Devenir / orientation

  • Situation A = angine non compliquée sans signes généraux
  • Situation B = angine non compliquée avec signes généraux
  • Situation C = angine compliquée (présence d'une complication locorégionale) nécessitant recours ORL en urgence

CRITERES DE SORTIE DU SAU

  • Situation A = angine virale - à SGA sans signes généraux
  • Situation B = situation angine virale avec signes généraux à discuter
  • Situation C = sinusite maxillaire, OMA

CRITERES D'ADMISSION

Situation B (angine non compliquée avec signes généraux)
  • NB : si suspicion de diphtérie : isolement respiratoire immédiat nécessaire - maladie à déclaration obligatoire DDAS (en cas d'isolement Corynebacterium diphtheriae ou Corynebacterium ulcerans et mise en évidence de la toxine)
Situation C (angine compliquée)
  • En service ORL et/ou soins intensifs

ORDONNANCE DE SORTIE

  • (cf traitement)

RECOMMANDATIONS DE SORTIE

Situation A (angine non compliquée sans signes généraux)
  • Reconsulter en ORL ou aux urgences en cas de persistance des symptômes après 72h d'antibiothérapie bien conduite et en cas d'échec clinique
  • En cas d'angine à SGA, les patients ne sont plus contagieux 24h après le début du traitement antibiotique (évolution favorable en 3-4 jours)
  • Respecter la posologie (dose et nombre de prises journalières) et la durée du traitement - pas d'automédication par AINS, ni corticoïdes, ni aspirine (risque de syndrome de Reye dans la situation A avec test de diagnostic rapide négatif)
  • Surveillance des complications à distance d'une angine à SGA :
    • glomérulonéphrite aiguë :
      • 1/100.000 angines non traitées
      • délai entre 10 à 20 jours
      • prévoir bandelette urinaire à 3 semaines (recherche protéinurie)
    • RAA :
      • 1/400 angines non traitées
      • délai entre 15 à 20 jours = relation inverse entre gravité de l'atteinte articulaire et risque de développement d'une atteinte cardiaque
      • surveillance par le médecin traitant de signes articulaires (poly / monoarthrites) et apparition d'un souffle cardiaque (insuffisance préférentiellement mitrale)
    • exceptionnelles :
      • chorée de Sydenham
      • nodosités de Meynet
  • En cas de chancre syphilitique et sérologie VIH positive, dépistage et traitement des partenaires
  • Indication à une amygdalectomie (à distance de l'épisode aigu sans urgence) en cas d'angine à répétition (= 4/an), pathologies obstructives de l'oropharynx (syndrome d'apnée sommeil)
Situation B (angine non compliquée avec signes généraux)
  • En cas de phlegmon amygdalien, à distance, indication d'une amygdalectomie
  • En cas d'angine de Vincent, à distance, soins dentaires
  • En cas de cas avéré de diphtérie (isolement de Corynebacterium diphtheriae ou Corynebacterium ulcerans et mise en évidence de toxine) :
    • remise à jour de la vaccination antidiphtérique dT
      • à concentration réduite préconisée chez une personne en contact étroit
      • à concentration normale chez les enfants : sauf si on peut retrouver une vaccination avec au moins les doses, dont la dernière date de moins d'un an, sinon doses additionnelles pour compléter la protection vaccinale
    • traitement prophylactique par érythromycine quel que soit le statut vaccinal
       

Mécanisme / description

Angine
  • Transmission par voie aérienne
  • Incubation 2-5 jours
  • Invasion locale par production de protéases et de toxines extra-cellulaires
Rhumatisme articulaire aigu
  • Mécanisme encore incertain
  • Certaines protéines de membrane du SGA sont similaires aux antigènes des sarcomères myocardiques et des valves cardiaques
  • Réponse immunitaire retardée lors d'une angine à SGA sur structures cibles (myocarde - valves cardiaques)
  • Production de toxines et réponse immunitaire anormale contre l'hôte
Glomérulonéphrite aiguë
  • Mécanisme encore incertain
  • Formation de complexes antigène-anticorps contenant antigène streptococcique
  • Affinité pour les glomérules rénaux
  • Dépôt au niveau des glomérules rénaux en raison de la taille des complexes
  • Activation du complément et réaction inflammatoire locale
     

Algorithme

_903 Algorithme Algorithme : angine aiguë

Bibliographie

  • Recommandations de l'AFSSAPS 2005 : infections des voies respiratoires hautes, Christian Chidiac
  • Recommandations pour l'antibiothérapie par voie générale en pratique courante dans les infections respiratoires hautes, AFSSAPS 2005. www.orl-france.org 
  • Guide des vaccinations, édition 2006, dossier Varia, www.inpes.sante.fr 
  • Le Pajolec C., Angines, p. 1248 - 1250 in Urgences médico-chirurgicales adulte Carli, Riou, Télion - 2e édition, édition Arnette
  • Harold K Simon, Pharyngitis, 2008, www.emedicine.com
  • John R Acerra, Pharyngitis, 2007, www.emedicine.com
  • Koko Aung.
  • Auteur :Dielcie banzay etudiant 

Oclusio intestinal

Occlusion intestinale aiguë

Adulte 
Spécialité : gastro-enterologie /

Points importants

  • Faire le diagnostic rapidement par un ASP
  • Définir la localisation ; s'il s'agit de grêle : pose d'une sonde nasogastrique (SNG) en urgence :
    • 2 types : strangulation et obstruction
    • 2 localisations : grêle et côlon

Présentation clinique / CIMU

SIGNES FONCTIONNELS

Généraux
  • Aucun
  • Altération de l'état général s'il s'agit d'un cancer
Spécifiques
  • Carré de l'occlusion :
    • douleurs abdominales
    • arrêt des gaz et des matières
    • vomissements
    • météorisme abdominal
  • Occlusion du grêle :
    • douleurs intenses à début brutal
    • vomissements précoces et importants
    • arrêt du transit : incomplet au début
  • Occlusion du côlon :
    • douleurs peu marquées
    • vomissements tardifs
    • arrêt du transit complet et précoce
  • En cas de volvulus colique : ATCD d'épisodes identiques

CONTEXTE

Antécédents
  • ATCD de chirurgie abdominale pour occlusion du grêle
  • En cas d'occlusion colique néoplasique : AEG, troubles du transit, amaigrissement

EXAMEN CLINIQUE

  • Météorisme abdominal
  • L'examen clinique doit être à nouveau réalisé après la pose de la SNG (doit être répété)
  • Examiner tous les orifices herniaires
  • Rechercher des cicatrices
  • TR : douleur ou non au cul de sac de Douglas (qui signe un épanchement dans le Douglas)

EXAMENS PARACLINIQUES SIMPLES

  • BU : normale
  • ECG dans le cadre du bilan pré opératoire

CIMU

  • Tout patient ayant une douleur abdominale doit être très rapidement vu par le médecin d'accueil quelle que soit la gravité clinique

Signes paracliniques

BIOLOGIQUE

  • NFS, CRP : normal ou syndrome inflammatoire avec hyperleucocytose et élévation de la CRP
  • Ionogramme sanguin : créatinémie pour réalisation d'un TDM et en cas de vomissements à la recherche de troubles ioniques
  • Chez la femme : b HCG systématique chez toute femme en âge de procréer avant la réalisation de radios
  • Bilan préopératoire : Groupe, Rhésus, RAI, TP, TCA

IMAGERIE

  • ASP :
    • debout de face : à la recherche de niveaux hydroaériques (NHA)
    • couché de face : qui permet de différencier les NHA du grêle et du côlon
    • coupoles debout : à la recherche d'un pneumopéritoine signe d'une complication
    • ASP et NHA :
      • grêle : nombreux, centraux, plus larges que hauts
      • côlon : peu nombreux, périphériques, plus hauts que large
  • Occlusion du grêle : TDM abdominopelvien avec injection de produit de contraste à la recherche :
    • de l'étiologie (bride avec jonction grêle plat/grêle dilaté)
    • de complications (pneumopéritoine, pneumatose, souffrance digestive)
  • Occlusion du côlon : soit un lavement aux hydrosolubles, soit un scanner injecté avec opacification basse (hydrosolubles) à la recherche d'une tumeur, d'un volvulus, ou bien d'un syndrome d'Olgivie
  • Intérêt du TDM : fait le diagnostic, précise le siège et le mécanisme, et recherche des signes de complication
  • Radio de thorax :
    • uniquement après 40 ans
    • ou bien en cas d'ATCD particulier (exemple : HIV, tuberculose, asthme...)

Diagnostic étiologique

  • Occlusion du grêle :
    • brides et adhérences (60%)
    • hernies et éventrations (15%)
    • tumeurs (adénocarcinome, carcinoïdes, lymphome) (6%)
    • inflammatoire (Crohn) (5%)
    • infarctus du mésentère (5%)
    • obstruction intraluminale (calculs, bézoards, parasites, CE) (4%)
    • invagination (3%)
    • iatrogène (irradiation, anticoagulants) (2%)
  • Occlusion du côlon :
    • cancer du côlon gauche ou du sigmoïde
    • volvulus du sigmoïde (sujet âgé ou mégadolicocôlon)
    • volvulus du cæcum (+ rare)
    • syndrome d'Ogilvie
    • fécalome

Traitement

TRAITEMENT PREHOSPITALIER / INTRAHOSPITALIER

Stabilisation initiale
  • Laisser à jeun +++
  • VVP : B26 : 2000 mL / j + compensation volume par volume de l'aspiration digestive
  • SNG à poser rapidement dès le diagnostic fait à l'ASP (surtout en cas d'occlusion du grêle)
  • Antalgiques : Perfalgan® : 1 g x 3 / j, Spasfon® : 2 amp x 3 / j
  • Prévenir rapidement le chirurgien digestif

TRAITEMENT SPECIFIQUE

  • Occlusion du grêle :
    • non compliquée au TDM : SNG en aspiration et traitement de la cause
    • compliquée : chirurgie en urgence
  • Occlusion du côlon sur volvulus du sigmoïde :
    • tube de Faucher
    • exsufflation endoscopique, voire chirurgie en cas de souffrance digestive, de perforation ou de péritonite
  • Occlusion du côlon sur tumeur :
    • chirurgie

Surveillance

CLINIQUE

  • Abdomen et signes généraux (douleurs, transit, température, PA, FC, diurèse)

PARACLINIQUE

  • Aucune

Devenir / orientation

CRITERES D'ADMISSION

  • Admission en chirurgie digestive
  • Sinon en réanimation ou salle de réveil si gravité clinique
Auteur(s) :  Dielcie banzay etudiant innovateur
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